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Les 2 moteurs hors service! Le gennaker explosé, 222 milles stressant entre Guadeloupe et Carriacou

20,822 Lượt xem· 04/12/22
Catamaranblacklion
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#178 ✍️19 novembre 2022, nous sommes du côté de Basse Terre depuis 10 jours. C’était nécessaire pour veiller à la cicatrisation des gencives de mon capitaine. Et puis, nous avons voulu croire à un dénouement heureux pour notre Sail Drive. Le soudeur que nous avions trouvé s’est désisté, trop de risques d’après lui à extraire les 8 embouts restés prisonniers dans l’embase. C’est mortifiant ! Et maintenant, avec le deuxième moteur en rade, nous nous sentons vulnérable, démunis, soumis à cet acharnement de Murphy. Nous ne pouvons nous laisser abattre. Il y a des solutions à tout, c’est obligé, l’issue existe et nous allons aller la chercher à Cariacou. Pourquoi Cariacou ? Car c’est trois fois moins cher qu’en Guadeloupe ou qu’en Martinique. 380 euros là-bas, au lieu de 1200 ici, pour sortir Blacky de l’eau et pouvoir envisager nos réparations plus sereinement. Alors oui, à l’époque, les bateaux naviguaient sans engins motorisés, mais c’était à l’époque. Aujourd’hui, tout est fait pour voyager en sécurité et sans nos moteurs, nous nous sentons en danger. En témoigne notre dérapage d’hier soir. 4 jours que nous étions solidement ancrés au même endroit, et voilà qu’une petite rafale a suffi à nous faire chasser d’une cinquantaine de mètres ! Et sans l’aide de nos propulseurs, autant dire que le phénomène à de quoi stresser. C’est donc, uniquement sous voile que nous ferons les 222 milles qui nous séparent de l’état de Grenade. 5 heures 50, le vent est changeant. Les prévisions l’annoncent entre 20 et 25 nœuds, mais il faut aller le chercher plus loin. Proche des côtes, il y a les effets venturis et les déventes. C’est pourquoi, nous ne pouvons-nous permettre de mettre toute la toile, en un clin d’œil la brise peut passer de 0 à 20 nœuds ! Tous nos espoirs sont dans nos voiles. Si quoi que ce soit arrive à l’une d’entre elles, la situation serait dramatique ! Mais mon capitaine veille, il est à l’affut de la moindre risée plus forte qu’il détecte sur l’eau. 25 dans le canal des Saintes, puis 13, pour finalement arriver à 10 sous le vent de la Dominique. Le calme n’est pas mieux, maintenant sous spi, nous risquons l’encalminage. Les doutes, la peur et l’inquiétude s’installent. Que faire ? Nous pouvons rester là, à bouchonner pendant des heures, ou bien prendre le risque de rallumer notre deuxième moteur. Nous devons nous rendre à l’évidence, cette fois c’est vraiment fini ! Le bruit de casserole qui vient de sortir de la coque tribord est vraiment mauvais signe ! Les dieux auraient-ils pitiés de nous ? Le vent repart, trop, à mon goût ! Ça monte à 30 nœuds. Nous saturons. Grain à 34. Nous sommes épuisés. Le soleil couchant nous apporte un peu de réconfort que la nuit efface bien vite. 20 novembre, le ciel est resté couvert, et avec ces grains, nous appréhendons l’arrivée, d’autant qu’elle va se faire de nuit. Le moins périlleux va être d’ancrer à Hillsborought au sud-ouest de Cariacou. Là, Cyril va s’approcher au mieux et dès que nous aurons environs 6 mètres sous nos quilles, nous jetterons l’ancre. Tous mes muscles du dos sont sous tension, mais quel soulagement ! Nous sommes à Tyriell Bay. Notre mouillage nocturne était éprouvant, nous avons encore une fois chassé. Ici, nous devrions être en sécurité…

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