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#58 Black Lion đĻ en safari à Mtwara en Tanzanie, ça ne se passe pas vraiment comme prÊvu. đ đđĻđ
âī¸ 14 octobre, le soleil irradie les baobabs de la baie, il est 5 heures quarante et nous nous apprÃĒtons à quitter Black Lion pour deux jours. Nos voisins se sont proposÊs de nous dÊposer à terre pour que lâon puisse laisser notre annexe sur les bossoirs. La route bitumÊe entre Mikindani et Mtwara vient dâÃĒtre ter-minÊe ! MalgrÊ lâheure matinale, lâaffairement est partout. De part et dâautre de la chaussÊe restaurÊe, les villageois sont dÊjà à pied dâÅuvre. Ici, un marais salant active des femmes et des hommes à une exploitation saline importante. Là , des jeunes en uniformes attendent leur bus scolaire, et plus loin, un vendeur de tomates se prÊpare au dÊmarchage. Je ne me lasse pas de toutes ces scènes de vie qui donne tant dâhumanitÊ à ce pays. Nous avançons vers notre objectif, Ludwili ! Je vous mets au dÊfi de trouver des in-formations sur cette rÊserveâĻ Justement, il nây en a pas ! Et vous nous connaissez, nous aimons faire ce qui ne se fait pas ! Donc à part le point gÊographique et notre estimation de trois heures de routes avant dây arriver, nous sommes dans lâignorance total de ce qui nous attend sur place. Ce dÊfaut de renseignements nous exhorte à lâexploration aventureuse et galvanise nos esprits à profiter de notre trajet oÚ chaque kilomètre est une dÊcouverteâĻ Les villages se succèdent et entre, les charbonniers, usÊs par leurs durs labeurs, sur leur surannÊ bicyclette, transportent près de cinquante kilos de ce noir combustible ! PÊniblement, arcboutÊs sur leur guidon, ils pÊdalent, avançant vers leur rÊmunÊration journalière de six milles shillings. Une plantation de noix de cajous prÊcède un plateau dÊfrichÊ par le feu pour une culture sur brÃģlis qui appauvrie dâannÊe en annÊe les sols. Une verte vallÊe irriguÊe par une rivière pas encore dessÊchÊe, succède un champ de cannes à sucre ; puis vient une bananeraie. à tous ces paysages sâajoute la vie, la vie partout, la vie dâune population souriante et rÊsolue sur laquelle un grand nombre dâentre nous pourrait ou plutôt devrait prendre exemple ! Comment ne pas relativiser sur nos conditions dâoccidentaux après un tel voyage ? Comment en voyant lâordinaire de ce peuple, ne pas remettre en question nos acquis de pays dit ÂĢ dÊveloppÊs Âģ ? Dire quâen certains lieux de la planète, la peine ÂĢ incarcÊratoire Âģ est moins lourde, que le quotidien de cet homme qui casse à mains nues ces pierres pour en faire des graviers ou encore que la besogne est moins rude que pour toutes ces femmes, qui chaque jour, doivent aller au puits pour extraire des sceaux de vingt litres quâelles transportent à la seule force de leur tÃĒte sur des kilomètres. Ici, chaque artisan à sa place, du fabriquant de brique, au rÊparateur de vÊlos ; chacun dâentre eux fait vivre son pays, lâencourage, lâanime. Une activitÊ plus importante laisse prÊsager que Masasi est en approche. Les maisons du bord de route qui, jusque-là Êtaient en terre ou en vÊgÊtaux, sont maintenant en dures, nous sommes en ÂĢ ville Âģ ! à partir de ce point, il nous reste un peu plus dâune heure avant dâarriver à notre fameuse rÊserve ! La terre ocre a remplacÊ lâasphalte ! Nous nous enfonçons depuis de longues minutes dans une savane sèche et aride. Notre chauffeur nâa pas lâair rassurÊ, pourtant Tchoupi lui indique le chemin quâil sâest ÊvertuÊ à tracer sur google map. Faut dire que nous avons choisi du hors-piste ! Câest excitant ! Nous avons lâimpression dâÃĒtre les premiers voyageurs à battre ce sentier ! Et avant que le doute sâinstalle, nous dÊbouchons sur lâentrÊe de Ludwili. MÃĒme Evans, notre driver, nâen revient pas ! Notre safari va pouvoir dÊbuterâĻ Enfin, nâallons quand mÃĒme pas trop vite ! Des visiteurs dans le coin, câest extrÃĒmement rare, voir insolite et il va falloir un certain temps à notre bienheureux gardien pour gÊrer cette situation très inhabituelle, mais ne dit-on pas quâil y a une solution à tout ! Incertains sur le devenir de notre expÊdition, nous ne voulons nous rÊsoudre à croire que la mission que nous nous sommes donnÊs va se terminer en ÂĢ queue de singe Âģ ! Nous devons faire ce safari ! Nous attendons, ÊcrasÊs par la chaleur Êtouffante, une autorisation de ÂĢ safariner Âģ âĻ Il est bientôt quinze heures, notre 4*4 malmène les deux rangers qui se sont dâoffice incrustÊs à notre opÊration. Dâaprès eux, pas moyen de faire autrement, des hommes armÊs doivent ÃĒtre là pour notre sÊcuritÊ ! à près tout, vu lâheure tardive, ils seront dâune prÊcieuse aide pour trouver le lion que nous rÃĒvons de voir. Mais notre crÊdulitÊ sâest fait berner, car si nos deux zigotos sont incollables sur le repÊrage de dindons à tÃĒte bleue, il sâavère quâils sont moins compÊtents dans le pistage du roi des animaux ! Consolons-nous avec ce phacochère et surtout avec ce superbe coucher de soleil ! Entre quelques mouches TsÊ-TsÊ, ....
