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#41 Black LionđĻ Ã Kilwa- Tanzanie,Route du commerce dans lâocÊan ocÊan Indien-1000 ans en arrière
En cette date de juillet, le vent a beau souffler entre 20 et 25 nÅuds et la mer a beau ÃĒtre agitÊe, je me rÊgale ! Pour mon capitaine, câest pareil, une fois quâil a rÊglÊ ses voiles par vent arrière en ciseau et quâil suit son cap, son plaisir est assurÊ ! Reste juste à veiller à ne pas empanner et virer quand le doute sâinstalle. Avec notre Solent auto-vireur, la manÅuvre est simple, sauf quand je mâen mÃĒle, enfin surtout quand je veux lâaider à passer de lâautre côtÊ ! Car, maline comme je suis, au lieu de pousser tout simplement la voile comme me le rÊpète gentiment Cyril depuis deux ans, je la tire par sa drisse et me fais emporter le petit doigt dans sa polie ! Coup de chance, à la seconde, une dÊvente fait faseyer la voile, mon auriculaire sâextrait de la roue à gorge et je peux, au lieu de voir une de mes extrÊmitÊs broyÊes, la sentir douiller ! Cet accident, nous rappelle, combien en bateau, une catastrophe peut vite arriver. Nous nous remÊmorons trois situations qui auraient pu sâavÊrer beaucoup plus graves. La première, en 2008, nous Êtions sur Pirates. Com, à lâÊpoque, nous faisions le tour de Nouvelle-CalÊdonie. Au coucher de soleil, une grosse prise nous avait fait ralentir pour la remonter à bord, un superbe Mahi-mahi ! ArrivÊ à la jupe, dâun coup de queue, il se retrouva projetÊ à lâintÊrieur du carrÊ, un hameçon dans sa gueule et le deuxième, puisque câÊtait un leurre à deux amorces, dans ma cuisse ! La deuxième anecdote, nous fait encore froid dans le dos rien quâen y pensant. Jonathan devait avoir 14 ans. Lors dâune manÅuvre avec son papa sur le pont, il a suffi dâune fraction de seconde pour quâune drisse de gÊnois se dÊtende et fasse un tour autour de sa tÃĒte ! Tout aussi rapidement, lâagressive sâest dÊnouÊe mais nous a carrÊment ÊpouvantÊs ! Et enfin, en arrivant à BornÊo, en sous-estimant la distance entre le banc du carrÊ extÊrieur et sa rotule, Cyril sâest blessÊ au genou, rÊsultat, la charnière de sa gambette cassÊe ! Tout ça pour dire, quâun accident est vite arrivÊ ! Parvenus en entiers, à 15 heures dans la baie de Kiliwa, nous ne perdons pas de temps pour aller faire les papiers qui sâeffectuent toujours avec un accueil remarquable et prenons place devant le fort de lâÃŽle du mÃĒme nom. 17 juillet, le site est classÊ patrimoine mondial de lâUNESCO. Pour pouvoir y accÊder, nous avons dÃģ nous acquitter dâune redevance de vingt-sept milles shilling chacun et vingt-milles pour notre guide. Lâhistoire en vaut le dÊtour, Afman en connait les grandes lignes mais celui qui sait, qui a tout vu depuis tous ces siècles, câest luiâĻ cet imposant rÊsineux de plus de 800 ans. En sâapprochant de lui, de son centenaire tronc et en fermant les yeux, nous pourrions presque lâentendre nous raconter : ÂĢ Vous savez, il sâen est passÊ des choses sur cette ÃŽle ! à ma naissance, le peuple vivait paisiblement sur Kiswani, tous vivaient dâun commerce florissant depuis le IXe siècle, lâÃŽle avait ÊtÊ vendu à un marchand persan, qui en avait fait un port de commerce idÊalement placÊ, au nord du Mozambique. Jâai vu se crÊer les premières pièces de monnaie locales, câÊtait dans les annÊes 1200. Au XIIIe siècle, notre sultan, gracieux et aimable contrôlait le commerce de lâor venant du Zimbabwe. La ville Swahili et sa prospÊritÊ reposait sur le contrôle du commerce de lâocÊan Indien avec lâArabie, lâInde et la Chine. Tous venaient nÊgocier, câÊtait grandiose, les Êchanges allaient bon train sur la place du marchÊ ! En contrepartie, dâargent, de cornalines, de parfums, de bijoux dâInde, de faïences persanes et de porcelaines chinoise, les marchands venaient chercher des produits prÊcieux du Zambie, de lâor, des Êpices et de lâivoire. La citÊ devient une des plus renommÊe et la plus luxuriante, avec la plus grande mosquÊe de toute la côte Est Africaine. Les habitants y sont nourris de mets riches et habillÊs somptueusement. Et puis, ils sont arrivÊs ! Brandissant leurs armes et revendiquant cette terre de nos aïeuls ! Leur langage Êtait diffÊrent, une langue Êtrange qui venait nous disaient-ils, du Portugal. Le sang a coulÊ et pour mieux rÊgner, ils ont construit ce fort, preuve de leur conquÃĒte ! CâÊtait en 1498, à cette ère, le port Êtait rempli de navires. Lâoccupation a durÊe 12 ans, puis des mercenaires arabes ont repris Kilwa qui a retrouvÊ en partie sa prospÊritÊ. En 1776, le sultan Hassan Ihn Ibrahim, vend à Morice, un reprÊsentant français, un millier dâesclaves en Êchange de canons. Cette triste pÊriode va durer jusquâà la domination des Omans en 1784. Puis, dans les annÊes 1840, la citÊ fut abandonnÊe pour redevenir un petit village oubliÊ de tousâĻ Depuis, la vie a repris paisiblement et je garde au plus profond de mes racines toute cette histoire Swahili qui est la mienne ! Âģ Dans la lumière vespÊrale, Blacky pose ....
