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Strax

#24 Confinement au coeur de l’océan Indien jour 24⛵️/ 50 noeuds au cap d’Ambre🌊Nord Madagascar 🇲🇬😰

16,046 Visningar· 09/05/20
Catamaranblacklion
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13 avril, 117,4 milles en vingt-quatre heures. Position à dix heures du matin 10º48'722 S et 50º51'159 E. Le vent se maintient entre 20 et 25 nœuds et le courant s’en donne à cœur joie. Avec deux ris dans la grand-voile et le Solent, nous avançons très péniblement entre 4 et 5 nœuds. Nous sommes fatigués ! Notre cerveau a repris le relais pour nous aider à minimiser. En haut, sur le bimini, la houle semble moins haute et nous arrivons presque à trouver la mer belle ! De l’effervescence de ses profondeurs dans un mugissement saisissant surgissent des cimes blanches comme la neige. Éphémères, elles profitent de cet instant pour faire vivre leur âme et d’un mouvement en déclin, dans un éclat d’un bleu turquoise phosphorescent, vont retrouver les abysses. Le courage est-il de vivre ses rêves ou de laisser la vie s’en emparer ? Sur la définition encyclopédique, il est dit que le courage est la « capacité d’un humain de vaincre sa peur pour braver le danger, supporter la souffrance, entreprendre des choses effrayantes, douloureuses ou difficiles » et la définition des temps moderne dit « capacité à ne pas avoir peur, face à une situation potentiellement effrayante. ». De la première interprétation, je pourrais en déduire que le courage est en nous tous, puisque tous, choisissons des voix plus ou moins audacieuses aux yeux des autres et de la deuxième j’en conclue définitivement que nous ne sommes pas courageux car je n’ai pas honte de dire qu’en cette nuit du 13 au 14 avril, nous avons réellement eut très peur ! Il est vingt-et-une heure, le vent forcit, l’anémomètre annonce 35 nœuds. Cyril a les yeux rivés sur ses écrans. À l’intérieur, un fracas interrompt ma réflexion sur les mots. Alors que nous commencions à peine à nous adapter douloureusement à la force du vent, un monstre se forme au-dessus de nous ! Dehors c’est une calamité plus épouvantable que le déluge ! Il est sorti de nulle part, du néant, des enfers ou Dieu seul sait d’où ! Que vient-il faire par ici le démiurge ? Est-il réceptif à mes supplications de mécréante ? Je me souviens, il y a sept ans, quasiment au même endroit, j’implorais les Dieux, les divinités, les esprits. Je leur conjurais de nous épargner. Moi qui crois en la vie, en la nature, à l’indubitable, je me mets à prier. L’Homme a-t-il besoin de croire pour exister, de croire pour être rassurer, de croire pour surmonter sa peur ? Nous tremblons de tous nos membres, tétanisons tous nos muscles, confinons au plus profond de notre ventre, cette peur qui nous épouvante ! Il est trop tard pour affaler, le belliqueux est déjà trop excité. Il se répand, gonfle, se renforce et d’un coup vif, dans une rage obscure et impénétrable nous agresse à 50 nœuds ! C’est effroyable ! Nous craignons pour notre lionceau, va-t-il être assez fort pour combattre cet animal redoutable ! Le match est inégal mais notre jeune Lion Noir, se métamorphose. Maintenant sa crinière proéminente le rend bestial, il devient féroce. L’eau se fend à son approche, bouillonnante, elle ébullitionne sous ses redans, essaie de le rattraper mais c’est trop tard, l’allure du fauve est ahurissante, il accélère à 17 nœuds ! La créature bestiale riposte ! Dans un grondement diabolique elle vient nous martelet, vient hurler son indignation et fait déferler sur toute la largeur de notre courageux étalon trois géantes rouleuses sorties du plus profond de ses entrailles ! Sous tant d’agressivité, un panneau solaire s’arrache ! Un point partout… Devant cette lutte acharnée, Cyril est dominé par les transes d’une rupture de direction, d’un démâtage ; d’une casse de pou-lie, petit, la médiocrité des fixations sur un manège à sensations lui a laissé un traumatisme et depuis il leur entretient une certaine méfiance et ce n’est pas les trois qui se sont cassées dernièrement qui vont le rassurer. Il craint un fatal empannage. Dans ce tumulte, il ne tient plus, sous la pression, il faut absolument qu’il libère sa vessie. Le soulagement semble peut-être anodin, mais sous presque cent kilomètres heure de force éolienne, il détient du cocasse ! Figé à la barre, il ne peut se déplacer et je dois tenir un sceau pour qu’il puisse se décharger, encore une fois, c’est uniquement sur cet océan que nous avons dû avoir recours à une telle méthode ! Les alarmes clament, vitesse du vent, vitesse du bateau, tout est trop élevé. Et celle-là, pourquoi elle sonne, nous ne l’avons jamais entendue ! Mon capitaine désarmé, encourage encore et plus fort son brave allié par des caresses, lui supplie de ne pas faillir ! Notre sauvage rugit, fait siffler tout son haubanage, s’emploie à terroriser son assaillant… Il est en chasse… Au bout de deux heures, le défiant s’incline, fait tomber ses ...

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