
Welcome aboard to the our video site for sailors. We are being constantly blasted by scammers and pirates, so registration is invite only
contact@sailorsahoy.com with "Invite". No spam, no newsletters. Just a free account
#17 Confinement au coeur de l’océan Indien jour 17Je ressens le moral de ma Jacquouille qui faiblit
6 avril, après nous avoir poursuivie à 6,3 nœuds, la barcasse d’hier soir a fini par nous lâcher la grappe ! Au bout d’une heure, plus rien, panne sèche, enfin c’est ce que l’on suppose car son signal AIS n’émettait plus qu’une vitesse de zéro virgule six nœuds. Délestés de ce poids, nous pouvions qu’espérer une nuit paisible ! Mais qu’est ce qui a bien pu nous faire croire que l’obscurité réduirait notre peine ? Sûrement notre optimisme car hormis cette disposition, absolument rien alentours ne laissait présager de la miséricorde en notre égard. Et même si nous voulions volontairement faire les autruches, il nous aurait fallu trouver un autre animal pour nous rendre sourds afin de ne plus entendre les « bip…bip…bip…bip » incessants de nos alarmes ! Elles sont juste insupportables, et rendent notre dix-septième jour de confinement, maussades comme le temps. Pour contrer notre état morose, une seule chose, manger ! Vous n’imaginez pas à quel point manger en mer est réconfortant ! Comme dit si bien Brassens : « Ce n’était rien qu’un bout de pain mais il m’a réchauffé le corps ». Je ne vais pas vous cacher qu’en attendant les recettes de « Jacouille la fripouille », un ptit bout de fromage sur la bonne miche complète bien le petit encas ! Je ne vous présente pas ? Jacouille, vous connaissez ? Mais oui, vous connaissez, c’est moi, Jacouille ! Le petit surnom me vient bien évidement de mon petit mari, qui derrière sa Go Pro, m’a trouvé une étrange ressemblance avec Christian Clavier dans les visiteurs, quel comique celui-là alors ! Ça lui a même inspiré une rubrique pour ses épisodes des « confinés de l’Indien », et tenez-vous bien, avec jingle s’il vous plait ! « En mer avec Jacouille la fripouille… on n’mange pas qu’des nouilles… que des nouilles ! ». Ben oui, je lui ai fait pour la première fois hier, des nouilles chinoises instantanées, et les nouilles, il aime bien mon capitaine mais il préfère quand même, quand je lui prépare des petites recettes gourmandes et variées. Et comme vous le savez, j’aime cuisiner, et même quand le bateau bouge incommodément, je mitonne pour nourrir mon homme ! Crêpes, flans, tartare, fondant au chocolat, toutes mes recettes y passent et ma cuisine le temps d’une prise se transforme en studio culinaire. 118 milles avec 15 nœuds de vent sous foc et deux ris dans la grand-voile. Ben les copains, on est pas rendu, d’un autre côté ça tombe bien, nous ne savons toujours pas où nous allons ou alors très vaguement et pour l’heure, nous nous situons à 6º1'897 S, 59º58'340 E. Le temps est toujours hyper lourd et avec ma cocotte qui sifflote dans le carré, nous sommes imprégnés d’une sueur poisseuse détestable. Une houle hachée enfle, roule, monte, secoue la crinière de notre lion, retombe et s’écrase pour mieux nous affaiblir. Elle recommence et recommence encore mais une lueur d’espoir pointe à l’ouest, le soleil perce, le souffle s’apaise, plus rien ne bouge… Black Lion poursuit au moteur…

